Spectacle total et tous terrains
Un chant pour Wangari, c’est avant tout l’histoire d’une enfant émerveillée
par la nature, devenue femme, savante, militante, amoureuse, trahie, et toujours debout pour défendre la Terre et la dignité humaine.
Elle et Lui sont amis. Ils partagent une admiration et une conviction commune : raconter, à leur manière, Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix 2004. Ils la découvrent d’abord par son autobiographie Celle qui plante des arbres et décident de lui écrire une ode, un chant.
Pas en racontant sa vie entière, pas en réalisant un biopic. Non. En choisissant la force poétique et évocatrice des mots, du théâtre, des corps dansant sur une musique composée pour elle.
Elle et Lui tissent ensemble une traversée. Leurs voix et leurs corps se rencontrent, se croisent, se répondent, au-delà de la mort et des différences, le temps de la célébration théâtrale :
de l’enfance dans les montagnes d’Aberdare au pied du mont Kenya à ses études aux États-Unis, du retour dans un Kenya décolonisé, mais inégal, aux luttes politiques et écologiques jusqu’à la reconnaissance internationale d’une femme devenue symbole de résistance et d’espérance.

EXTRAIT
Lui, devenu Mwangi le mari – Ce sont les mêmes. Nous sommes les
mêmes. On est amoureux, une admiration mutuelle, le couple du siècle. Beaux, brillants, ambitieux, amoureux. On se marie, entre l’Occident et l’Afrique, entre l’église
et la tradition – la robe blanche et le collier kikuyu aux dix rangs.
Elle, devenue Wangari femme – Je deviens, en ce beau mois de mai, WANGARI MUTA MATHAI, doctoresse ès sciences, maîtresse assistante à l’université et femme
d’un futur législateur.
Lui – C’est là que les ennuis commencent.
Elle – Tu vas un peu vite. Commençons par le commencement : dîner en amoureux.
Lui – Avant les enfants. Avant les déceptions. Avant les trahisons.
Au-delà du théâtre documenté, Un chant pour Wangari déploie une écriture poétique et hybride pour célébrer les combats féminins, l’héritage spirituel et écologique de Wangari Maathai face aux enjeux de la décolonisation. Sur scène, une scénographie organique en osier se construit et se déconstruit au rythme d’une partition mêlant récits, musiques live et danses rituelles. Cette création plurielle fusionne l’engagement corporel et la recherche musicale pour transformer le plateau en un espace de dialogue vibrant entre les vivants et les morts. Le spectacle devient alors une célébration collective, une représentation du monde qui met en mouvement nos responsabilités intimes et notre rapport au vivant.
